Le Masque de fer sur l’île Sainte-Marguerite


Le fort royal de l’île Sainte-Marguerite et la prison de Masque de fer

En avril 1687, Saint-Mars quitte Exilles sans regrets avec sa famille, sa fidèle compagnie franche qui l’avait suivi de Pignerol à Exilles (une cinquantaine de soldats) et le seul survivant des deux « Messieurs de la tour d’en bas ». Au cours du voyage, le prisonnier est dissimulé par une toile cirée dans une chaise à porteurs. Les porteurs, ce sont huit solides Piémontais qui vont se relayer au fil des étapes : Briançon, Digne, Gap, Castellane, Grasse…

Le prisonnier ne passe pas complètement inaperçu : à chaque étape, les rares témoins présents, intrigués par le singulier équipage de Sant-Mars, voient sortir de sa boîte un homme à l’étrange allure et dont le visage est recouvert d’une sorte de casque en métal. C’est à cet instant, et à cet instant seulement, que la légende du Masque de fer commence à naître.

Depuis plusieurs jours les insulaires de Sainte-Marguerite guettent l’arrivée du mystérieux prisonnier avec une intense curiosité. Il se trouve que lors de son premier séjour, Saint-Mars s’était laissé aller sur son compte à des paroles imprudentes, inouïes, à peine croyables, qui ont mis l’île en émoi et se sont répandues comme une traînée de poudre dans toute la Provence et même au-delà !

Voici ce que Saint-Mars a dit :

« Cette belle prison que je fais aménager face à mes appartements, je la destine à un prisonnier que je garderai personnellement. Ne me demandez pas son nom. Personne ne doit le connaître. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il a vécu de longues années à Pignerol et qu’il y a des gens que le public croit morts et qui ne le sont pas. »

Quand le mystérieux prisonnier débarque sur l’île Sainte-Marguerite, le 30 avril 1687, le Masque de fer vient d’entrer dans l’Histoire.